La (jeune) garde rapprochée de Maxime Prévot

Le CDH veut insuffler un vent de jeunesse sur le parti. L’exemple vient d’en haut, avec les proches collaborateurs de son président.

Ecolo défend le climat, le PS les classes populaires, le MR les indépendants, etc. Ce poncif est très réducteur. Il percole pourtant dans l’esprit des électeurs.

Quelles sont les valeurs défendues par le CDH ? Le définir et le faire savoir sera l’une des missions de la nouvelle garder rapprochée de Maxime Prévot, tout frais président du CDH.

Si le président d’un parti prend naturellement la lumière, l’influence de ses proches collaborateurs se révèle prépondérante. Constat : les cadres ont été rajeunis, par rapport aux années Lutgen.

L’ex-jeune prodige de la politique namuroise, désormais âgé de 40 ans, cherche-t-il à faire passer un message ?

“Nous sommes un parti centriste qui veut s’adresser à tout le monde ”, désamorce Jean-Paul Bastin, 44 ans, bourgmestre de Malmedy et vice-président wallon du CDH. Reste que les primo-votants joueront un rôle significatif dans l’élection à venir. “Un tiers de nos jeunes élus a moins de 35 ans ! Ce n’est pas que casser l’image : cela représente la réalité”, assure-t-il.

Le discours se veut vert, moderne, jeune. Au risque de brusquer une partie plus âgée de l’électorat CDH ?

“ Je ne suis pas d’accord, nous n’avons pas un discours vert. Dans notre génération, on est né avec. On ne doit pas se forcer, c’est dans notre ADN ! J’ai été marcher le 2 décembre. Je trouve cela dommage quand j’entends Ecolo qui tente de récupérer une partie de l’électorat”, répond Matthieu Perin. Le bourgmestre de Les Bons Villers (Hainaut) au look très éco-friendly est aussi chef de cabinet du ministre René Collin. “Ce n’est pas parce que l’on préfère cette vision que l’on est contre les aînés ! Ce qui m’a fait entrer au CDH, c’est justement cette volonté de réunir et de ne pas opposer les gens”, conclut celui qui fut pressenti voici deux ans comme ministre wallon.

La conversation dévie rapidement vers le cas Ecolo.

Les hommes de Maxime Prévot ne veulent pas d’une écologie “punitive” . Cet argument, stratégie de com’ du parti depuis des mois, est de nouveau martelé. “ L’humanisme, c’est la lutte contre la montée de l’individualisme ” , définit Antoine de Borman, directeur du Centre d’étude politiques du parti (Cepess) dont il est l’idéologue en chef.

Le parti souhaite aussi s’affirmer comme féministe, antiraciste et bruxellois. Véronique Lefranc, échevine à Koekelberg (46 ans) réunit ces trois conditions. Celle qui se définit avec humour comme “ la doyenne de l’équipe ” s era l’une des 4 porte-parole de la campagne. “ Le CDH n’est pas un parti à la vision uniquement rurale ”, assure-t-elle.

“ À Bruxelles, en particulier, il y a un besoin de radicalité dans la transformation de la ville. C’est une volonté du président d’avoir la moitié de l’équipe qui vient de Bruxelles (NdlR : aussi Mounir Laarissi, échevin à Jette, et Céline Frémault, vice-présidente bruxelloise du parti”) , ajoute Laurent Hacken, 34 ans, secrétaire politique du parti et conseiller communal à Forest.

“Au niveau local, on peut s’approprier l’écologie de manière positive, sans se voir imposer des changements depuis l’extérieur” , souligne Coralie Bonnet, nouvelle échevine à Bastogne.


C’est que le CDH poursuit sa réflexion sur la maison quatre façades, véritable totem du monde rural. Risqué ?

“Le rêve du citoyen, c’est surtout d’avoir le moins de charges et de consommer le moins possible !” , s’insurge Coralie Bonnet.

“ Les quatre façades en ville, clairement, n’y ont pas la place !”, conclut Laurent Hacken. Le PSC de papa semble bien loin.

Itw DH Equipe Maxime.jpg
Laurent Hacken