Forest : Des Riverains mobilisés contre le chantier

La colère gronde autour de la rue du Dries, à Forest. Un projet privé de 53 appartements doit voir le jour, mais il est loin d’être bien accueilli par les habitants. Ces derniers craignent des inondations et des écoulements de terrain. L’opposition dénonce des problèmes de permis.

Mauvaise ambiance à la rue du Dries. Frappée par la fusillade du 15 mars 2016 impliquant Salah Abdeslam et Sofiane Ayari, cette rue de Forest cherche aujourd’hui une nouvelle peau. Un projet d’immeuble en route depuis 2015 il soulève de nombreuses craintes, tant du côté du comité de quartier que dans les rangs de l’opposition. Le projet Libris devait initialement accueillir 156 appartements. Le nombre a finalement été réduit à 53.

Laurent Hacken (cdH), conseiller communal à Forest, estime que le projet doit être repensé. « Construire des appartements à Forest n’est pas une priorité. Ce qu’il manque, ce sont des espaces verts, des plaines de jeux, éventuellement une crèche. Il y a moyen de faire quelque chose d’un peu moins dense et d’accessible à tout le monde. »

Le promoteur Willemen derrière ce chantier disposait d’un permis d’urbanisme et d’un permis d’environnement qui arrivaient à terme le 8 février 2019. Pour passer outre cette échéance, des pieux auraient été plantés à l’entrée du terrain, offrant la possibilité de signer in extremis un permis de chantier. « Mais ces quatre pieux ne marquent clairement pas le lancement du chantier », dénonce Laurence Hacken. « Les habitantso nt fait constater par huissier que le chantier n’avait pas commencé. »

Le vendredi 8 février, l’huissier engagé par le comité de quartier Stop Inondations constate en fin d’après-midi « qu’à l’heure actuelle il n’existe pas une quelconque construction d’immeuble » et que « des travaux d’édification de gros-œuvre n’ont pas eu lieu ». Le collectif citoyen a ensuite interpellé publiquement le conseil communal le mardi 26 février. Réponse hésitante du collège : la pose de pieux devrait signifier que le chantier avait effectivement commencé.

Du côté de Stop Inondations, on pointe les risques que ce projet de taille pourrait signifier pour le voisinage : « écoulement des terres des fondations de maisons mitoyennes dans les chantiers, affaissement de chaussée, évacuation de quartiers, montées d’eau anachroniques ». Le projet doit naître sur un terrain presque marécageux. « Il y a parfois des endroits où l’eau est à 47 centimètres du sol », souligne l’élu cdH.

Les habitants de la rue du Dries espéraient qu’avec l’échéance du permis d’urbanisme, un nouveau projet aurait pu être mis sur la table. « L’occasion de reprendre tout ça à zéro et de construire quelque chose d’un peu plus vert », poursuit Laurent Hacken. Mais depuis le 9 février, le chantier a bel et bien commencé et « les maisons tremblent ».

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Laurent Hacken