Les parents irrités par les mesures de sécurité [ La Libre Belgique ]

De nombreux parents d’élèves scolarisés à Forest n’en peuvent plus des mesures de sécurité mises en place autour des écoles communales au lendemain des attentats de Paris. De nouvelles directives – effectives depuis le 4 janvier dernier – vont, en effet, plus loin que ce qui est normalement prévu lorsque le niveau de la menace est établi à 3.

Outre le fait d’instaurer un contrôle renforcé de l’unique point d’entrée et d’interdire aux parents de pénétrer dans l’établissement, les nouvelles directives prévoient de ne plus laisser les écoliers venir en classe à partir d’un deuxième retard. Ceux-ci ne sont acceptés qu’à la reprise des cours l’après-midi.

Une mesure qui passe très mal du côté des parents. Dans un courrier à l’échevine de l’Instruction publique, Françoise Père (PS), des associations de parents d’élèves des écoles Arc-en-Ciel, Sept Bonniers et de l’école n°3 ont estimé que cette sanction pénalise injustement certains enfants par une privation de cours.

“Votre avis fait un lien entre la sécurité des établissements scolaires et les retards dans les écoles, ce qui est tout à fait incohérent. Quel est l’objectif de devoir garder son enfant à midi après un second retard ? Contrer la menace terroriste ou sensibiliser les parents à arriver à l’heure ?” , s’interrogent les parents.

Pour le conseiller communal de l’opposition Laurent Hacken (CDH), cette mesure est disproportionnée et pose un problème d’ordre juridique. “L’obligation scolaire s’applique tant aux parents qu’aux écoles qui doivent assurer l’accueil des enfants durant les heures scolaires, quitte à prévoir des sanctions en cas de non-respect des règles. D’un point de vue pédagogique, l’option consistant à empêcher un enfant d’aller en classe n’est pas responsable, d’autant que les parents sont responsables du retard dans la majorité des cas” , fait-il valoir.

Le bourgmestre de Forest défend cependant cette mesure qui est, selon lui, très appréciée par les directions d’écoles et les enseignants. “Les horaires n’étaient plus du tout respectés dans certaines écoles. Grâce à cette mesure plus stricte, les cours ne sont plus perturbés par les arrivées tardives. Mais nous sommes d’accord d’ouvrir le dialogue pour trouver d’autres solutions au problème du respect des horaires” , commente Marc-Jean Ghyssels (PS) qui indique qu’une réunion avec les parents de toutes les écoles communales est prévue à la fin du mois de février.

Pa. D.
La Libre Belgique Bruxelles

Laurent Hacken